Avez-vous puisé dans votre expérience personnelle
pour incarner le personnage de Jane ?
Pas du tout. Je n’ai jamais avalé la fumée !
(Rires) J’ai grandi à Seattle, donc je vous laisse deviner… Il m’est arrivé de fumer quand j’étais
jeune mais aujourd’hui, à trente ans, mes vices sont plutôt
le vin et la bière. J’adore la bière. Plus sérieusement, le personnage était si bien écrit qu’il se jouait pratiquement tout seul. Je n’avais qu’à respecter à la lettre les détails disséminés par le scénariste
Jane ne cesse d’évoluer au cours du fi lm, c’est presque un nouveau personnage à chaque scène. Avez-vous eu du mal à suivre, par moments ?
Sa journée est une succession d’aventures incroyables, et je dois avouer que le rythme n’était pas toujours évident à tenir. Ma solution a été d’appréhender chaque jour de tournage comme s’il s’agissait du premier. SMILEY FACE semble avoir été conçu pour célébrer vos qualités d’actrice slapstick. J’ai pris un plaisir fou à jouer dans le fi lm,
comme s’il avait été écrit pour moi. Je ne remercierai
jamais assez Gregg de s’être battu pour que j’obtienne
le rôle. Il est rare pour une jeune actrice d’avoir accès à un personnage aussi apathique que Jane, qui n’a que deux passions – l’herbe et son lit – et délaisse tout le reste: son physique, les mecs… La fi lle idéale ! Le fi lm suit Jane pendant 24h, mais se révèle assez avare en détails sur sa vie. Lui avez-vous imaginé un passé ? Pour moi, Jane est une fi lle unique dont les parents ont divorcé et qui, pour je ne sais quelle raison, a perdu toute passion pour l’existence quelques années avant le début du fi lm.
Question technique: comment joue-t-on quelqu’un de stone ?
Après avoir beaucoup fumé, j’ai l’impression que les effets se font sentir par vagues. Vous êtes complètement stone, puis vous redevenez vaguement fonctionnel, avant de ressentir à nouveau les effets. C’est ce que nous avons essayé de retranscrire à l’image, cette espèce de grand
huit dans lequel est prisonnier l’esprit de Jane.
L’humour de SMILEY FACE repose en grande partie sur les expressions de votre visage. Comment avez-vous travaillé là-dessus ?
Très simplement. Dès la lecture du scénario,
j’ai su instinctivement comment j’allais interpréter les scènes, je me suis lancée sans réfl échir.
Je déteste me voir à l’écran, donc je ne regarde qu’une
fois les fi lms dans lesquels je joue pour pouvoir ensuite en parler. Quand j’ai découvert SMILEY FACE, je n’ai pas arrêté de me demander ce qui m’était
passé par la tête pendant le tournage. J’avais l’impression d’être un clown possédé. Je ne sais toujours
pas d’où viennent ces expressions que j’ai dans le fi lm. Je me suis complètement abandonnée.
Est-ce différent de votre travail
sur les SCARY MOVIE ?
SCARY MOVIE, c’est un monde à part. J’ai adoré tourner cette série, mais il y a beaucoup plus de collaboration sur un plateau comme celui de SMILEY FACE, où tout le monde est impliqué du matin au soir. Avec 22 jours de tournage, tout doit aller très vite. Vous n’avez pas le temps de vous permettre quatre prises d’un plan, il faut constamment rester au top. Et j’ai un vrai rôle à défendre,
contrairement à SCARY MOVIE où mon personnage est juste là pour subir des gags. Je ne dénigre pas pour autant mon travail sur ces fi lms: j’ai eu une chance énorme 10 11 d’y participer. Les SCARY MOVIE m’ont appris à ne reculer devant rien pour arracher un rire, à mettre de côté mes inhibitions. C’est grâce à eux
que j’ai une carrière aujourd’hui.
Est-ce la carrière dont vous rêviez
?
J’ai pensé le contraire pendant plusieurs années,
mais plus maintenant. Si je me destinais à une carrière dramatique au départ, tourner des comédies pour le restant de mes jours ne me pose aucun problème. J’apprécie de pouvoir jouer dans un drame de temps en temps, comme je l’ai fait pour LE SECRET DE BROKEBACK MOUTAIN, mais la comédie est le genre où je m’épanouis le plus.
Un grand nombre d’acteurs avoue qu’il est souvent plus dur de tourner une comédie qu’un fi lm dramatique. Se ridiculiser volontairement n’est jamais facile, croyez moi (rires).Quelles sont les actrices qui vous ont inspirées
?
J’admire des femmes comme Goldie Hawn et Lucille Ball, qui ont réussi à devenir des stars sans sacrifi er leur intégrité, leur capacité à disparaître
dans les rôles qu’elles incarnaient.
Quels sont vos projets ?
Je viens d’achever un fi lm qui s’appelle KIDS
IN AMERICA, avec Topher Grace, et j’ai enchaîné avec une comédie dans laquelle j’interprète une playmate qui se fait virer de la Playboy Mansion et doit réapprendre la vie. Ca risque d’être assez
drôle.